| Musiques
Brutes #1 Musiques concrètes / Acousmatiques / Electroacoustiques / Field recording / Phonographies / Musique produite par des artistes brutes Musique électronique pour synthétiseur soviétique A.N.S.
Halle Saint
Pierre / Musée d’art brut Billet couplé : exposition + concert
10 € |
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Samedi 23 avril
Jean Baptiste Favory "Des sphères" 50’
Alfred Schnittke "Stream" A.N.S. 6’
Coil (GB) "A.N.S." 35’
Nadir : Cordier/Guionnet "Thalweg 1" 17’ (Création)
Dimanche 24 avril
Jonathan Coleclough (GB) "Period" 50’
Evgeny Voronovsky/Cisfinitum (Ru) "Harbingers & Holodnaya" A.N.S.
7’
Les expériences musicales de Jean Dubuffet/Musique chauve (Réinterprétation
live par J-L Guionnet, P Battus et L Pascal)
Lundi 25 avril
Evgeny Voronovsky/Cisfinitum (Ru) 3 Pièces électroniques A.N.S.
Corkscrew, Swimming ground, Bottomless, 17’
Alexandre Yterce "Commencements rythmes aux causes des terres" 10’
Gilles Aubry/Stéphane Montavon (Ch) "Les écoutis, le Caire" 29’ (Création)
Eric Cordier "13 far east psychedelic songs" 32’ (Création)
Olivier Brisson "enregistrement cathartique d'un enfant suivi en institution" Version
acousmatique 23’ + discussion
Diffusion acousmatique : Jean-Baptiste Favory, Eric Cordier & Alexandre
Yterce
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Les expériences musicales de Jean Dubuffet/Musique chauve (Réinterprétation
live par J-L Guionnet, P Battus et L Pascal)
Musiques Brutes ne pouvait commencer sans faire référence au
père de l’art brut Jean Dubuffet qui fut également musicien.
Et comme son oeuvre plastique, sa musique fait fi des conventions sociales.
Musique radicale, elle emprunte un chemin parallèle au free-jazz en
s’en démarquant profondément. Comment la décrire
si ce n’est en accumulant les adjectifs, musique débridée,
foutraque, bringuebalée, dégingandée, subversive, inclassable
et surtout qui ne ressemble à rien d’autre qu’à sa
propre subjectivité.
Sachant qu’au sein du groupe Phéromone Jean-Luc Guionnet et Pascal
Battus avaient bien des fois flirtés avec le style chauve, j’ai
pensé qu’ils pouvaient être les interprètes idéals
des « expériences musicales » . Laurent Pascal s’est
imposé comme l’autre musicien qui me paraissait pouvoir être
proche de cette œuvre. Alors ces trois improvisateurs ne vont pas rejouer
des morceaux de Dubuffet, mais par contre ils vont faire revivre l’esprit
de Bubuffet en live.
J-L Guionnet, P Battus, L Pascal : Orgue Bontempi, guitare préparée,
piano jouet, violon, chiftelia mais aussi : cuillères, fourchettes,
baguettes chinoises, rasoirs et toutes sortes d’ustensiles incongrus.
Olivier Brisson "enregistrement cathartique d'un enfant suivi en institution" 23’
Ici nous irons explorer l’art brut du côté thérapeutique.
L’enregistrement est né de la rencontre d’un enfant qui
un jour lâche le mot « ska » devant Olivier qui bien que
membre de l’équipe soignante est par ailleurs musicien. Olivier
va alors fournir un magnétophone-cassette avec un morceaux de ska, ou
plutôt de dub et puis tout le reste se fait un peu comme dans ce roman
de Philip K Dick « Glissement de temps sur Mars » où il
est question d’enregistreur, de codage, de mémoire, de pouvoir,
de troubles psychiques, de manipulation… Vous verrez à l’écoute
de cet enregistrement brut, vous ne comprendrez plus si vous écoutez
un enfant hurler ou une pièce électroacoustique, si c’est
l’enfant qui manipule la bande ou le magnéto qui manipule le cerveau
de l’enfant le faisant retourner à la « normalité » :
la trace matérielle d’une fiction qui est devenue réalité.
Jean Baptiste Favory "Des sphères" 50’ (2006)
Jonathan Coleclough (GB) "Period" 50’ (2001)
L’une des caractéristiques du festival sera de présenter
des pièces longues. Si le festival a la chance de se voir renouvelé,
nous espérons pouvoir diffuser des pièces encore plus longues
de 1h à 2h celles justement qui sont habituellement refusées
par tous les festivals, chaque vendredi des prochaines éditions. Pour
la première édition, nous ferons appel à 2 pièces
qui ne font que cinquante minutes.
En général les pièces longues ne sont pas virtuoses et
se déploient avec lenteur, en agençant un nombre assez limité d’événements
et emporte l’auditeur dans une attitude toute différente des écoutes
de courte durée. La forme musicale liée à des phénomènes
psycho-acoustiques conduit souvent l’auditeur à entrer dans une
rêverie, l’entraînant dans une modification de la perception
du temps l’auditeur plonger dans la torpeur ou une certaine félicité…
La pièce de J-B Favory use de matériaux de synthèse qui
sont brassés suivant un mouvement perpétuel, ni répétitif,
ni jamais très différent à l’image de la rotation
des planètes autour du soleil.
Pour Jonathan Coleclough disons que nous allons tout simplement présenter
son chef d’œuvre. Sur le papier la pièce est d’une
simplicité absolue un piano et de la réverbération. Simplicité en
apparence car si l’on entend bien uniquement ces deux éléments,
la musique qui en découle génère un abîme d’interrogation
et de beauté.
Alexandre Yterce "Commencements rythmes aux causes des terres" 10’ (1999).
Si le compositeur fait ici référence à Héraclite,
c’est pour mieux décliner les quatre éléments dans
un élan musical qui tours à tours nous joue l’attente,
la tension puis le déferlement. Une musique électroacoustique
atypique et d’une puissance inégalée.
Nadir "Thalweg 1" 17’ (1993)
Jean Luc Guionnet et Eric Cordier,
du temps de leur collaboration électroacoustique, nous livrent une composition à base
de field recording mais sans drone et sans réverbération loin
du genre complaisant que l’on connaît. Si toute la pièce
obéit à une unité de lieu : le port de Dieppe, il ne s’agit
pas d’un paysage, mais d’une pièce fortement articulée, à tel
point qu’elle connaît une seconde version totalement vidée
de sa substance et dont seul subsiste la forme (Thalweg 2).
Eric Cordier "13 far east psychedelic songs" 32’ (Création)
Cette fresque dont nous n’entendrons que les « chants 7, 8, 9 & 13 » est
basée essentiellement sur le recyclage de vinyles japonais des années
60, poussant à l’extrême ce qu’avait initié le
psychédélisme. Cependant, elle fait se télescoper 2 univers
: celui joyeux, débridé et parfois suranné du psychédélisme
avec ici les lamentations des chrétiens persécutés et
celles de la fête annuelle des morts qui se termine par une hécatombe
de centaines de bateaux chaque année début août dans le
port de Nagasaki. Une commémoration qui prend une toute autre dimension à la
lueur des événements actuels.
Gilles Aubry/Stéphane Montavon (Ch) "Les écoutis, le Caire" 29’ (Création)
Après avoir ausculté les arrières cours de Berlin, nos
compères se sont attelés à l’exploration de la ville
du Caire, pas de front pour nous en asséner son vacarme, mais d’une
façon similaire à Berlin : en nous faisant ouïre la
ville au filtre de son architecture.
Alfred Schnittke "Stream" (1971)
Coil : Balance/Christopherson/… "A.N.S." (2003)
Cisfinitum : Evgeny Voronovsky extraits de l’album "Bezdna" (2003-2005)
La thématique autour du Synthétiseur A. N. S., n’était
pas prévue au départ en tant que telle et ne devrait pas être
renouvelée ultérieurement. Cependant dans les discussions de
préparation du festival entre Thomas Tilly, Eric Cordier et Jean-Baptiste
Favory, elle s’est dégagée de nos envies. Elle rencontre
aussi une certaine actualité, celle de la sortie d’un album de
Cisfinitum sur un label français Fario : « [ANS]werk »,
splitt album avec the [law-rah] collective.
En effet, ce synthétiseur mythique de la technologie russe qui colore
les films de Tarkovski, possède un mode de fonctionnement très
particuliers, analogue à l’UPIC de Xenakis. C’est à partir
de schémas graphiques que timbres et morphologies sont générés
par l’appareil.
Nous avons été intéressé de montrer comment il
traverse les courants et comment outre la musique de film, il a été utilisé dans
la musique contemporaine par Schnittke, mais aussi par les maîtres de
la musique expérimentale, les anglais de Coil tout autant que la jeune
génération avec Evgeny Voronovsky : « They [Cisfinitum & The
[Law-Rah] Collective] dedicated this split and common work to one of the very
first synthesizers in the world, the ANS. The ANS, created by Russian engineer
E. Murzin from 1937 to 1957, is an incredible response to the synesthesia theories
(the letters ANS stand for Alexander Nikolayevich Scriabin who linked tones
to colours). The ANS synthesizer (only one copy exists and is kept in Moscow)
generates special frequencies from drawings (“it plays what you have
drawn”) and in the opposite it can also create a visible image of a sound
frequency. Artists such as Coil, Edward Artemiev (for Tarkovsky’s Solaris
soundtrack) and Alfred Schnittke used the ANS in their compositions. For this
album, The [Law-Rah] Collective and Cisfinitum based their music on original
sounds from the ANS as well as additional recordings of various analog synths,
fractal and granular synthesis, voice, violin, field recordings.They give birth
to an intense cold and grey music upon which fly ghosts of melodies, archaic
or yet to come... » Denis Boyer / Fario.