Review prl001 "Courtis_Matsunaga"

<EtherReal / France>

Voici le premier album du label japonais Prele, soutenu en France par Kokeko qui organisait notamment une soirée aux Voûtes en novembre dernier pour le lancement de ce disque. Courtis_Matsunaga n'est pas un nouveau groupe culte, ni un artiste qui aurait trouvé le magnifique concept de l'underscore entre son prénom et son nom.
Il s'agit de deux hommes. L'argentin Anla Courtis (également connu en tant que Alan Courtis !!), né à Buenos Aires, guitariste, 34 ans et déjà plus de 100 disques derrière lui avec son groupe Reynols. En solo, de nombreuses collaborations avec les plus grands, comme Lee Ranaldo, Francisco Lopez, Jazzkammer, Ilios, Zbigniew Karkowsky, Alan Licht, ou Andrey Kirtichenko pour n'en citer que quelques uns. Le japonais Kouhei Matsunaga quant à lui est encore étudiant (en architecture) et sévit au sein de la scène noise, partageant tour à tour l'affiche avec Karkowski et Merzbow.

L'album se partage entre split et collaborations. On trouve des morceaux composés par l'Argentin, le Japonais, des remixes croisés, et des collaborations. On est d'abord subjugué par le premier titre, Amnesia of Amnesia d'Anla Courtis. D'une incroyable finesse, mêlant et enchaînant infra-basses, drones, et nappe mélodique glacée en fin de parcours, cette première pièce d'une dizaine de minutes est un petit bijou d'ambient minimale. broken I also r composée par Kouhei Matsunaga est plus représentatif de l'album, en posant sur un drone divers bruitages, souffles, grincements métalliques. Prenant le temps de se poser tout en développant des structures bruitistes, il compose une musique ambient concrète avec des composantes industrielles.
Avec les remixes, les pistes se brouillent. Par trois fois, Courtis remixe Matsunaga et le résultat va de l'ambient à base de souffles et d'un mélange de drones profonds et nappes glacées jusqu'à l'abstraction ludique composée de bruits de machines et jeux vidéo. Quand c'est à Matsunaga de reprendre le travail de Courtis, il s'adapte au jeu sur les ondulations de drone en y ajoutant quelques frétillements métalliques pour froisser l'oreille.
Les trois derniers titres sont de "véritables" collaborations. Véritables entre guillemets car la première est un peu particulière. Qualifiée de collaboration télépathique, on imagine les deux artistes séparés par quelques milliers de kilomètres composer simultanément, collant bruits concrets sur drones, produisant de belles cassures, se renouvelant sans cesse sur une pièce d'une quinzaine de minutes. Les deux univers se marient parfaitement, lorgnant même un peu sur l'impro et le jazz avant de s'achever en pied de nez sur une texture bruitiste marquée d'une boite à rythme efficace.

Quand la musique expérimentale sait se faire plaisante, quand le bruit se mêle à la douceur, c'est dans cette fusion que ce premier album se révèle en fin de compte envoûtant. (Fabrice Allard)

<The Wire / UK >

Osaka based architecture student and boss of the Flying Swimming label Kouhei Matsunaga is no stranger to the split CD format, having already released collaborative ventures with Niko Skorpio and Mertzbow. To inaugurate Paris based kokeko's Prele imprint, he has teamed up with ex-Reynols guitarist/dronester Anla Courtis to produce nine colouful tracks of evocative electronica. Things take a while to warm up, the disc beginning with two rather austere and spacious original compositions, Courtis's "Amnesia Of Amnesia" and Matsunaga's "Broken L also R", but the first of three Courtis's remixes of Matsunaga material, "Latest Research On Metaphysical Properties In Pochoclo Acaramelado, Part I", is decidedly more chunky. The contrast between Courtis's get-your-hands-dirty lo-fi and Matsunaga's hi-tech polish is keenly felt throughout, no more so than is the justaposition of "Pochoclo Acaramelado, Part III" with "Sea Weed Rmx", Matsunaga's reworking of Courtis's material, which gives the album a freshness and unpredictability too often lacking in today's electronic music. The most striking track is the one on which neither participant can hear what the other is doing, a "telepathic collaboration" recorded in September 2004 (midnight Japanese time, midday in Argentina), in which various inscrutable rustles and crackles (Courtis ?) lie treacherously half-buried in a menacing swamp of filtered harmonics (Matsunaga ?), out of which strange and wonderful creatures rise and dance. In contrast, the half-hearted flute tootles, gnarly guitar and expletives of the following "Sudden Collaboration" add little of substance. However, the final "Togaria Collaboration", in which Matsunaga's filters chomp up and spit out Courtis's guitare in style, serves as a timely reminder that there's always an element of hit and miss involved in improvisation, and the misses are often more exciting than the hit's. (Dan Warburton)

<Octopus / France>

Amateurs de musiques exigeantes, mais accessibles sans que cela soit une expérience physique trop éprouvante, voici un disque réalisé entre Osaka et Buenos Aires qui va vous ravir par la grande variété de ses approches : tantôt dadaïste, chamanique et post-noise, cet opus est une merveille d’ambiance sonore triturée à la croisée de la performance pour installation artistique et de l’écriture classique. A travers ce projet, c'est toute la démarche de Kokeko qui est perceptible : accompagner et développer des expériences musicales insolites, hors frontières et hors normes, en interaction avec les arts plastiques et visuels. Des initiatives de ce genre sont trop rares pour ne pas en témoigner. (Philippe Gimet)

<Vital Weekly / Holland >

This is the debut CD of a new label from Japan called Prele. It is a collaboration between Anla Courtis (of Reynols fame) and Kouhei Matsunaga (the man behind the Flying Swimming label, also from Japan). The disc contains nine tracks of widely varying lengths and collaboration methods. To name a couple: remix of the other's material, telepathic collaboration and real collaboration. Most tracks are of a certain ambient nature, but with enough things going on to definitely go beyond that (strange cuts, sudden outbursts of seemingly random noise, etc.). The overall quality is pretty lo-fi, which is very good, because it is combined with very typical computer sounds. This works very well and adds a warm quality to the sound. For me the most interesting piece is actually the longest one: the telepathic collaboration. Somehow Courtis and Matsunaga seem very well in tune and have created a very good track with so many kilometers between them. Somehow this track is almost a condensation of the whole CD. It will be interesting to see what the Prele label has to offer in the future. (MR)

<Axess Code / France>

ALAN COURTIS est un guitariste d'origine Argentine qui n'en est pas à son premier essai puisqu'il a sorti une centaine de productions en collaboration avec divers explorateurs sonores tels que Lee Renaldo. KOUHEI MATSUNAGA quant à lui, est étudiant en architecture et créateur d'indus / japanoise, son parcours musical croise celui d'inombrables labels expérimentaux ainsi que de pas mal de dinosaures du bruit tels que Merzbow ou Massonna.

L'objet sonore qu'ils nous proposent ici est une succession de plages auditives, des drones et autres nappes superposées viennent carresser le tympan en douceur . Comme souvent dans ce genre de projet, c'est sur la longueur que les nerfs de l'auditeur sont sollicités.L'intérêt d'un tel son réside certainement dans l'introspection et la concentration de l'auditeur, dans un cheminement personnel à l'écoute de cette création. La 3ème plage sonore 'latest research on metaphysical properties in pochochio acaramelado part 1' nous rapproche d'un vieux SPK dans ses sonorités mécaniques et industrielles plutôt old school mais on revient bien vite à des choses plus cotonneuses et enveloppantes. D'ou viennent tous ces sons ? mystère ... guitares, larsens détournés, claviers agonisants, air comprimé, sifflements, frottements de matières, effets nocturnes, crissements d'insectes ...? Une petite touche d'humour sur 'sudden collaboration' avec voix étranges et étranglements de guitares ...

Un trip sonore agréable qui pour ma part trouve son apogée avec le titre : 'telepathic collaboration monday september 27 th 2004 at 23.55 japan -11-55 argentina'. Les deux travailleurs du son que sont Courtis et Matsunaga nous laissent avec un dernier morceau dont la conclusion est une sorte de larsen mêlé de bruit blanc. D'un coup plus rien. Retour à la réalité. Merci pour le voyage. (Revco)

<Dusk Dawn / France>

Encore une formation bicéphale (très à la mode ce système on dirait) composée donc de Anla Courtis et Kouhei Matsunaga, l'un à Buenos Aires (Argentine) et l'autre à Osaka (Japon), c'est à se demander comment les deux compères parviennent à composer (c'est dire si le net a révolutionné le monde de la création !). Voici un duo d'expérimentateurs qui nous livrent là plus de soixante minutes de recherches sonores. Très long à démarrer (à part un vague bruit de fond ou un souffle ambiant, rien ne se passe pendant les huit premières minutes !) et se résumant à quelque chose d'anti-mélodique à souhait voire de pénible, il faut donc avoir les oreilles bien accrochées pour entamer l'analyse du dit disque... Bizarrement, en évitant une attention trop portée sur le détail et les sons en eux-mêmes (plutôt bien choisis d'ailleurs), en appréhendant l'objet de manière plus globale, l'ensemble finit par transporter son auditeur dans une sorte d'affaissement psychotique pas si désagréable que celà. Très flippant et énigmatique, on verrait bien cette bande en fond sonore d'un film expérimental d'art contemporain. (Dawn)

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